Edition 2026

Le Pôle est très heureux de pouvoir célébrer la contribution des personnes issues des communautés noires à la construction de notre arrondissement et leur apport dans le développement du Québec et du Canada.

Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs 2026 et en collaboration avec l’Arrondissement de Montréal-Nord, le Pôle expose des portraits dédiés à la mise en valeur de personnalités d’exception dans des lieux publics et commerces participants de Montréal-Nord.

Artiste

Niti Marcelle Mueth

Niti est une artiste multidisciplinaire et directrice artistique indépendante. Évoluant de manière fluide entre l’art et les pratiques orientées vers le design, elle s’investit dans la narration visuelle s’articulant autour de la réflexion des expériences d’individus issus des communautés autochtones, noires et de couleur (PANDC).

Isabelle Alexandre

 

Travailleuse sociale de formation, Isabelle Alexandre œuvre à Montréal-Nord depuis 1997. Elle découvre le territoire lors d’un stage en travail social à Halte-Femmes. Cette première expérience sera décisive puisqu’elle lui permettra de reconnaître les réalités qui font écho à son propre vécu et y développera un attachement durable, nourri par un profond désir de contribuer à sa communauté.

Après l’obtention de son DEC en travail social, elle poursuit ses études universitaires en criminologie à l’Université de Montréal. En parallèle, elle revient travailler à Montréal-Nord comme coordonnatrice des camps de jour de la Maison des Jeunes L’Ouverture et intégrera, ensuite, l’organisme Entre Parents de Montréal-Nord.

Intervenante puis présidente du conseil d’administration, Isabelle Alexandre en deviendra la directrice générale, un rôle qu’elle occupe depuis seize ans. Sous son leadership, l’organisme joue un rôle clé, notamment en portant la Concertation petite enfance – famille de Montréal-Nord depuis plus de onze ans. Convaincue que les fondations sociales se construisent dès les premières années de vie, elle défend une approche axée sur le soutien aux parents, la prévention et le travail en partenariat.

Son engagement se manifeste également à travers des dossiers structurants pour Montréal-Nord, dont l’accueil des personnes demandeuses d’asile. Pour Isabelle Alexandre, Montréal-Nord demeure un territoire de rencontres, d’apprentissage et d’action collective, où le changement social se construit avant tout avec et pour les communautés.

Stéphanie Germain

Née en Haïti, Stéphanie Germain arrive à Montréal-Nord à l’âge de cinq ans. Elle y grandit et fréquente les écoles Adélard-Desrosiers, de la Visitation, puis l’école secondaire Henri-Bourassa. Montréal-Nord est le lieu de ses premières expériences, de ses apprentissages et de sa prise de conscience des inégalités sociales qui marqueront durablement son parcours.

Attirée très tôt par le domaine des communications, elle y poursuivra des études collégiales puis universitaires. En parallèle, son engagement communautaire s’ancre dès l’adolescence. Encouragée par son père et par une intervenante jeunesse, elle s’implique activement dans la vie du quartier, animant des activités communautaires, culturelles et citoyennes avec notamment l’Association de la Place Normandie. Rassembler, créer des espaces d’expression et prendre la parole deviennent pour elle des leviers naturels d’action collective.

La mort de Freddy Villanueva, tué par la police en 2008 et les inégalités sociales et systémiques constituent les sources de motivation de son engagement. Elles renforcent sa volonté de dénoncer les injustices, de combattre la stigmatisation de Montréal-Nord et de défendre le droit des jeunes à être entendus. Au fil des années, son implication se poursuit à travers des mouvements citoyens, des actions médiatiques et des initiatives solidaires, notamment durant la pandémie avec l’organisme Hoodstock.

Aujourd’hui directrice générale d’Éduconnexion, Stéphanie Germain œuvre à outiller les collectivités afin de renforcer la participation citoyenne. Par la formation, l’accompagnement et la sensibilisation, elle contribue à transformer le sentiment d’impuissance en pouvoir d’agir. Montréal-Nord demeure pour elle un point d’ancrage essentiel, un lieu de mémoire, de luttes et d’espoir collectif.

Wladimir Jeanty

Arrivé à Montréal en 1969 après avoir quitté Haïti, Wladimir Jeanty a consacré sa vie à l’éducation, à la jeunesse et au développement des communautés. Enseignant pendant vingt-cinq ans au sein de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, il avait comme motivation et conviction profonde que l’éducation pouvait transformer des trajectoires de vie. M. Jeanty s’est aussi engagé dans la mise en place de programmes d’accès à l’égalité, contribuant à une plus grande diversité au sein des directions scolaires.

À partir de 1995, il a occupé des postes de direction et de direction adjointe dans plusieurs écoles, notamment à l’école Calixa-Lavallée à Montréal-Nord. Il a choisi ces milieux exigeants et souvent stigmatisés parce qu’il y voyait un immense potentiel. Pour lui, Montréal-Nord n’était pas un problème à résoudre, mais un territoire riche de talents à révéler, où l’école devait être un lieu d’ancrage, de dignité et d’espoir pour les jeunes et leurs familles.

Son engagement s’est étendu bien au-delà des murs scolaires. À Montréal-Nord, Wladimir Jeanty s’est impliqué dans de nombreux organismes jeunesse, culturels et sportifs. Cofondateur de l’Association des enseignants haïtiens du Québec, fondateur de la Ligue haïtienne de soccer de Montréal et du club les B-Tops, il a utilisé le sport et la culture comme leviers d’inclusion, de discipline et de fierté.

Décédé en 2020, Wladimir Jeanty laisse un héritage durable quant à l’importance de la transmission des savoirs ainsi que de la résilience et de la confiance en la jeunesse.

Dre Yolande Charles

 

Née en Haïti, Yolande Charles y débute son parcours scolaire et est admise à la Faculté de médecine d’Haïti, où elle se distingue comme lauréate du concours d’entrée. En 1964, contrainte de quitter son pays pour des raisons politiques, elle poursuit sa formation en France. Ce parcours scolaire la mènera à Montréal, en 1968, ville où elle construira l’essentiel de sa carrière et de son engagement communautaire.

Formée en gynécologie-obstétrique au Québec, Yolande Charles obtient en 1974 la certification du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, devenant la première femme noire à recevoir le fellowship du Collège royal dans cette spécialité. Elle contribue ensuite au développement de la Cité de la Santé de Laval, où elle fonde le département de gynécologie-obstétrique.

Depuis 2017, elle est présidente de la Fondation des médecins canado-haïtiens. À ce titre, elle œuvre à améliorer l’accès aux soins de santé, à tisser des liens avec les organismes communautaires et à organiser la Foire Santé de Montréal-Nord, un événement rassembleur qui contribue à l’éducation en matière de santé physique et mentale auprès d’une population souvent marginalisée. Elle s’emploie aussi à combattre la stigmatisation, contribue à la promotion des carrières en santé et offre aux jeunes un modèle de réussite.

Pour Yolande Charles, Montréal-Nord est un lieu de dignité, de potentiel et d’avenir.